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La symbolique de Danse


La danse a longtemps été le symbole de l'intégration. Elle est aujourd'hui une expression individuelle.
La danse est une succession de mouvements rythmés du corps. Elle incarne la dualité humaine, faite de matière et d'esprit. Elle peut également être associée à une cérémonie magique et traduire la joie et l'élévation, dans un cadre rituel.


Les danses rituelles

La danse revêt un caractère magique ou religieux dans les sociétés primitives, depuis l'âge de pierre, avec pour témoignage les dessins des grottes de l'Addaura, en Sicile, et de Lérida, en Espagne.

La danse avait avant tout un caractère figuratif. En effet, elle représentait les événements espérés tels que la pluie, la victoire, la capture, etc... Elle a ensuite été mise à contribution pour faire face au problèmes de la vie quotidienne, comme trouver de la nourriture, réussir à chasser, rendre la terre fertile, etc...


Les danses initiatiques

Le moments importants dans la vie des hommes (le mariage, la mort, l'initiation, etc...) sont marqués par des cérémonies dans lesquelles la danse occupe une place notable.
Tous ces rites, ont en commun la double idée symbolique de la fin d'une existence dans un monde et de la renaissance dans un autre. Aussi, s'ils sont mal exécutés, les conséquences peuvent être catastrophiques que ce soit pour l'individu ou pour le groupe.
Dans le cas du mariage, celui-ci doit assurer fertilité et longévité. Aussi, la danse participe aux préparatifs rituels des fiancés (notamment au Cambodge).
Quant aux rituels funèbres, ils offrent aussi souvent un large déploiement chorégraphique destiné à chasser l'âme du défunt et à faciliter son voyage dans l'au-delà (notamment en Côte-d'Ivoire, mais également en Égypte antique).


Les danses extatiques

Les danses d'extase sont très anciennes et très répandues. Elles conduisent les danseurs à communiquer avec les esprits supérieurs. Le chamanisme (en Océanie, en Amérique du Nord, en Indonésie et tout particulièrement en Asie centrale) consiste à rechercher l'extase ; ceci dans un but pratique. Par exemple, pour obtenir une guérison.
Le chaman, médiateur entre les dieux et les hommes, parvient, à l'aide de ses chorégraphies, à entreprendre un voyage dans les méandres de l'au-delà par un animal.

Aux Antilles, dans le culte vaudou, les esprits investissent le corps des
adeptes en transe. Ces derniers exécutent alors d'impressionnantes danses de possession. Dans l'Antiquité, l'ivresse de l'âme, l'exaltation orgiaque, s'emparaient de ceux qui dansaient pour la déesse Hathor en Egypte, ou pour Dionysos en Grèce. Pour les Grecs, la danse religieuse symbolise également le lien entre la terre et le ciel, par la représentation du mythe. C'est le cas des danses kalliniques, célébrant la victoire d'Hercule sur le gardien des Enfers. C'est également le cas de la danse des armes (appelée pyrrhique), qui est exécutée par de jeunes hommes nus tenant des boucliers. On peut également évoquer la danse de la grue, attribuée au héros Thésée en mémoire de sa sortie du labyrinthe.

Aussi, la danse folklorique contemporaine possède la même fonction qui consiste à rappeler par le corps des origines symboliques lointaines. Ainsi, la danse des Calusari, en Roumanie, où les danseurs s’entremêlent en tenant des massues et des boucliers qu'ils choquent avec fracas, représente l'enlèvement des Sabines pour certains, ou la danse des prêtres saliens pour d'autres.


Les danses spirituelles

Dans les sociétés monothéistes, la danse symbolise plutôt une élévation de l'âme vers le divin. Dans le judaïsme, la danse peut aussi bien être blâmée que célébrée. Par exemple, elle est blâmée par Moïse lorsque, descendant du Sinaï, il trouve son peuple en train de danser devant le Veau d'or (extase païenne). Mais elle est célébrée, par exemple, lorsque David saute et danse à l'arrivée de l'Arche d'Alliance dans sa cité (extase mystique)

L'Ancien Testament loue la dimension festive et religieuse de la danse : "Qu'ils louent son nom avec des danses, qu'ils le célèbrent avec le tambourin et la harpe! Car l'Éternel prend plaisir à son peuple" (Psaumes).
La même signification d'élévation par la transe est à l'oeuvre chez les derviches tourneurs du monde islamique. Ces derniers vivent d'intenses moments de spiritualité grâce à la danse. En effet, elle devient le symbole de l'adhésion de l'esprit à Dieu. Ainsi, afin de répandre sur terre les bénédictions reçues du ciel, ils effectuent plusieurs doubles girations (autour de la salle et sur eux-même), les bras en croix, la paume de la main droite tournée vers le haut, et celle de la main gauche vers le bas.

En raison de son caractère primitif et barbare, qui traduit les tempéraments et les passions, la danse fut longtemps condamnée par l'Eglise catholique. Seules quelques caroles (danse en chaîne) étaient autorisées dans les églises, pour célébrer la résurrection. La danse macabre est un thème qui se répand pourtant dans l'art chrétien européen à partir du XIVe siècle. Elle met en scène des gens de toutes conditions et de tous âges, entraînés par les squelettes en une ronde fatale. Elle est le symbole d'une justice dernière et implacable, et témoigne d'une peur de la mort, omniprésente à l'époque.


Les danses festives

Le bal trouve son origine dans la fête. Il rassemble des personnes pour danser.
Malgré les interdits de l'Église, la pratique de la danse s'est généralisée au Moyen Age, en Occident. Elle consistait le plus souvent à célébrer un événement heureux, qu'il soit d'ordre personnel (par exemple, le mariage) ou collectif (par exemple, des réjouissances à l'occasion de récoltes, de fêtes patronales, de foires, ou de réunions de corporations).
Dans la société paysanne, bien que d'anciennes traditions païennes ont survécu un certain temps dans le Moyen Age, elles ont tout de même eu tendance à perdre leur caractère magique. En effet, les danses autour des arbres de Mai ou des bûchers le jour de la Saint-Jean ont fini par devenir seulement divertissantes. La fête et la danse permettaient d'échapper pour quelques instants à la rigueur du labeur quotidien et à le monotonie de l'existence.


Les danses ouvertes et les danses fermées

Les danses en chaîne fermée ou ouverte ont toujours été à l'honneur dans les bals. En effet, les ondes et les farandoles accueillent tous les membres du groupe, peu importe le nombre. Aussi, leur forme collective soude les participants et crée un groupe unanime grâce à l'exécution simultanée des mouvements.

Ce n'est qu'à partir du XVe siècle que l'expression des couples et des individus commence à se manifester, notamment dans les bals de cour. Il s'agissait alors moins de s'amuser que de paraître et faire bonne figure, en obéissant aux règles très strictes de l'étiquette. Ces danses collectives et ces suites de danses à deux symbolisent la solidarité en même temps que la hiérarchie des individus.

Enfin, ce n'est qu'au cours du XIXe siècle que le couple de danseurs a réellement commencé à se refermer sur lui-même. Et depuis 1960, l'individu peut danser seul dans la foule. La danse ne symbolise plus une unanimité, au contraire, elle juxtapose des solitudes et des libertés.

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