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La symbolique de Caïn et Abel


Caïn est le fils aîné d'Adam et d'Ève. Selon la Genèse, il tua son frère Abel par jalousie. Le Nouveau Testament en fait le symbole du méchant, du meurtrier de l'innocent. Néanmoins, Caïn incarne également le mal-aimé, le révolté, l'exilé, tandis qu'Abel, son frère puîné, est le modèle de l'innocence et de l'amour.


Le nomade et le sédentaire

Tous deux sont victimes du bannissement de leurs parents du jardin d'Éden et sont condamnés à travailler pour gagner leur pain. Abel choisit de garder les troupeaux, tandis que Caïn préfère se consacrer à l’agriculture.
Le récit biblique du meurtre de l'un par l'autre témoigne peut-être du conflit de deux civilisations : celle du berger nomade, qui prie et consacre du temps à Dieu, représentée par Abel, et celle du sédentaire, de l'agriculteur qui accomplit un dur labeur, figurée par Caïn.
D'ailleurs, une tablette sumérienne datant du IIe siècle av. J.-C. et qui évoque le conflit opposant un dieu berger et un dieu agriculteur, offre une curieuse similitude avec le récit biblique.


Le travailleur et le contemplatif

L’Évangile de saint Luc (X, 38-42) évoque une opposition du même ordre entre celui qui s'active et celui qui prie. Il s'agit de l'histoire de Marthe et Marie, Marthe incarnant la ménagère active et Marie la ménagère douce : "Comme ils étaient en route, il entra dans un village et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe s'affairait à un service compliqué. Elle survint et dit : Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m'ait laissée seule à faire le service? Dis-lui donc de m'aider. Mais le Seigneur lui répondit : Marthe, tu t'inquiètes et t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée."

De même, Dieu accepte les sacrifices d'Abel et refuse ceux de Caïn jusqu'au jour où celui-ci, furieux, assassine son frère et s'enfuit.


Le romantique

L'exil et l'errance de Caïn, poursuivi par le remords, sont racontés par Victor Hugo dans La Conscience, poème de la Légende des siècles, qui s'achève par ce célèbre vers : "L’œil était dans la tombe et regardait Caïn."
Le maudit, cher aux romantiques, en proie à la culpabilité, apparaît également dans un poème de Byron, Caïn, le révolté.

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