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La symbolique de Barbe


La barbe est le symbole de la sagesse et du pouvoir. Elle est également un signe distinctif du visage masculin.


La virilité et la sagesse

La barbe est fortement associée à la virilité, notamment chez les Hébreux pour qui couper la barbe d'un autre est infamant.
Dans l'Antiquité égyptienne, en plus d'être associée à la virilité, la barbe symbolisait la puissance. C'était d'ailleurs un des attributs du pouvoir royal. Ainsi, lors des cérémonies officielles, le pharaon se présentait avec une barbe postiche, longue, étroite et légèrement courbée. Même la reine Hatshepsout (de la XVIIIe dynastie) se faisait représenter avec une barbe postiche pour rappeler qu'en plus d'être une femme, elle était aussi pharaon.
De même, dans l'antiquité grecque, les dieux et les héros étaient représentés avec une barbe pour souligner leur noblesse ou leur appartenance à la caste des guerriers.

Par ailleurs, dans la Grèce antique, la barbe était le symbole de la sagesse, de la force et de la maturité. Ainsi, les vieillards et les philosophes laissaient pousser leur barbe et leurs cheveux. De même, dans la Chine des mandarins, une longue barbe signifiait une grande sagesse.


La barbe et la religion

Dans certaines religions, le port de la barbe représente la consécration à Dieu et le renoncement aux vanités de ce monde. C'est le cas, par exemple, des juifs orthodoxes, des musulmans, ou encore du clergé de l'Eglise orthodoxe.
Plus précisément, dans la tradition juive, la barbe revêt un caractère sacrée. D'ailleurs, la Torah interdit de la raser sans motif valable, et toute taille éventuelle doit se faire aux ciseaux et en aucun cas au rasoir. Il en est de même pour les musulmans. Aussi, les fondamentalistes islamiques font du port de la barbe un impératif, certainement en raison de l'attention particulière que portait le prophète Mahomet à sa barbe. C'est d'ailleurs pour cette raison que les militants islamistes sont appelés de façon péjorative les barbus. Leur barbe doit être longue mais régulièrement taillée et brossée. Il est également conseillé de l'asperger de parfum, voire de la faire teindre.

En revanche, dans d'autres religions, notamment dans l'église catholique, la barbe est proscrite. D'ailleurs, en 1119, un décret menaçait même d'excommunication tout membre du clergé qui, comme un laïc, faisait pousser ses cheveux et sa barbe. Encore aujourd'hui, il est plutôt conseillé à l’ecclésiastique d'effacer sa condition virile par un visage glabre, afin de se démarquer des autres hommes. Néanmoins, certains ecclésiastiques tel que l'abbé Pierre, portaient une barbe fournie. D'ailleurs, le sémiologue Roland Barthes écrit à ce sujet : "On n'est point barbu au hasard, parmi le prêtres ; la barbe y est surtout attribut missionnaire ou capucin, elle ne peut faire autrement que de signifier apostolat et pauvreté ; elle abstrait un peu son porteur du clergé séculier ; [...] derrière la barbe, on appartient un peu moins à son évêque, à la hiérarchie, à l'Eglise politique" ("Iconographie de l'abbé Pierre", in Mythologies, 1970).


Les contestataires

A Rome, à partir de l'époque de la République jusqu'au début de l'Empire, la barbe était un signe de négligence et de laisser-aller. Elle était d'ailleurs devenue la marque distinctive des philosophes cyniques qui affichaient ainsi un désir d'indépendance intellectuelle et morale, et qui prônaient même parfois le mépris des conventions sociales.
Aussi, cette symbolique est réapparue au XIXe siècle. En effet, la barbe et les cheveux long étaient alors devenus l'emblème de la jeunesse bohème, non conformiste. En outre, au début du Second Empire la barbe était le signe de ralliement de la gauche républicaine.
De même, dans les années 1960, les barbes étaient associées au combats politiques d'extrême gauche. Ainsi, Fidel Castro et les barbudos, Karl Marx, ou encore Friedrich Engels portaient une barbe. D'ailleurs, les gauchistes, les contestataires et les hippies des années 1960 laissaient pousser leurs cheveux et leur barbe. Par là même, ces attributs provocateurs les opposaient aux dictatures généralement hostiles aux barbes et aux cheveux longs.

Par ailleurs, la couleur de la barbe revêt également un caractère particulier. En effet, la barbe blanche est généralement associée à la symbolique patriarcale. En revanche, la barbe sombre tend à évoquer la terreur. C'est le cas, par exemple, du belliqueux Frédéric Ier Barberousse, ou encore du personnage sanguinaire Barbe-Bleue.

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